Archive pour le mot-clef ‘web-semantique’

Interview d’Alexis Dufresne (Agence Inovae)

Mercredi 13 janvier 2010

Bonjour Alexis,
Pourrais-tu te présenter en quelques lignes ?
Alexis Dufresne, 29 ans, fondateur, avec mon associé Kian Rieben, de l’agence Inovae, (www.agenceinovae.com) société de développement web spécialisée sur Drupal et basée à Genève. J’ai un parcours un peu atypique pour un entrepreneur web. J’ai fait mon premier cycle universitaire en sociologie, me spécialisant vers la sociologie des sciences et techniques, surtout dans le domaine de l’internet et du web. En plus de Inovae, je suis responsable de projet pour faveeo.com une application de style web squared qui devrait être lancée janvier – février 2010

Qu’est ce Geekomatik ?
geekomatic Geekomatik est un agrégateur de blogs spécialisés dans le domaine de la technologie, des sciences et du high tech.

J’ai passé beaucoup de temps à développer Geekomatik.com à temps partiel entre 2006 et 2009, et il a toujours eu pour objectif ultime de servir de laboratoire pour développer un "nouveau média web" en utilisant les technologies les plus avancées comme le web sémantique, la recommandation personnalisée de contenu, le web en temps réel et la géolocalisation des utilisateurs (le web local) pour créer un vrai web de contexte!

Aujourd’hui, Geekomatik est une plateforme de test pour le développement de faveeo.com, c’est à dire que nous allons progressivement installer les technologies développées pour faveeo.com sur Geekomatik.com afin de les tester une à une.

Qu’est ce faveeo.com ?
faveeo

Faveeo.com est un moteur de recherche sémantique et un système de recommendation de contenu qui utilise les contextes et les méta données disponibles dans le web 2.0 pour fournir de l’information de qualité aux utilisateurs de manière personnalisée. L’objectif de faveeo.com est donc d’aider les utilisateurs à naviguer dans la masse d’informations disponibles sur le web en analysant leurs habitudes, leurs intérêts et leurs relations dans le web 2.0.

Sur quelles technologies travailles-tu ?
Durant la dernière année, nous avons développé toute une série de technologies avancées comme la recommandation de contenu basée sur le système Apache Mahout ou l’intégration du web sémantique en utilisant les données du réseau Linked Data et les technologies RDF.

Le web sémantique est un web qui est de plus en plus intelligent car il arrive à "comprendre" de quoi parle une information (blog, tweet, etc) et à catégoriser le web en "Rubriques", notamment les individus, les organisations, les technologies, etc. Pour y arriver, le site internet doit être en mesure de "comprendre" de quoi parle un texte en faisant une analyse du texte. Sur Geekomatik nous utilisons l’ensemble du texte source d’origine pour le tagger selon plus de 20 "univers" de classement, nous ne publions toutefois sur notre site que les deux ou trois premières phrases du contenu original pour respecter les auteurs.

Concrètement ça se traduit par quelles mises en applications ?
Voyez par exemple sur http://www.geekomatik.com/tags, vous y trouverez un univers sémantique assez complet! La prochaine étape est de montrer non seulement le sujet des contenus agrégés sur le site, mais la relation entre les contenus ainsi qu’entre les différents tags.

A terme, faveeo devrait lancer avec une intégration sémantique très puissante, appuyée par une recherche par facette qui permet de croiser les informations de manière spectaculaire, fournie par le superbe moteur de recherche Apache Solr.

Quelles autres applications du web sémantique vois-tu prochainement ?
Le web sémantique permet de faire des systèmes de veille très avancées, notamment si on exploite au maximum les relations entre les mots clés pour créer une information logique, cohérente et intelligente.

Un petit complément pour la fin ?
Un dernier mot au sujet de faveeo.com : l’objectif de faveeo et de geekomatik est de créer un système d’information complètement personnalisable en fonction des interactions des utilisateurs sur le site ainsi que sur d’autres réseaux. Pour le moment vont être testées des intégrations à facebook, twitter, tweetmeme, ainsi qu’éventuellement avec Google Reader, afin de créer suffisamment de "contextes". En ce sens, le projet faveeo.com est tout à fait dans l’univers du web squared en tout cas selon les définitions données par Tim O’Reilly.

Merci Alexis, Amuses-toi bien en 2010, tu as l’air bien parti ;)

De l’ADN du Web 2.0 à la rupture du Web 3.0 en passant par le Web sémantique, même Dædalus se perdrait dans le Webyrinthe…

Jeudi 30 mars 2006

L’ADN du Web 2.0

Le long de l’évolution qui caractérise Internet depuis le Web 1.0, on attendait le Web sémantique et c’est le Web 2.0 qui est arrivé, en surprenant un peu tout le monde. On en parle beaucoup, mais de quoi parle-t-on ? Très sommairement, en citant la conclusion d’une tentative de définition :

" Le Web 2.0 est avant tout un terme un peu vague qui regroupe le web tel qu’il se dessine en ce moment même. Comme toute évolution, il comporte une part de risques techniques, ergonomiques, financiers et de protection de la vie privée. Au-delà de l’aspect marketing du terme qui irrite les puristes, il traduit un formidable bouillonnement d’idées, de pratiques et de nouvelles utilisations. Le fait même que son contour soit encore flou montre que tout est encore ouvert et que le web continue à faire la part belle aux initiatives personnelles. "

Concrètement, Writely est une application 100% Web 2.0, qui s’exécute directement dans votre navigateur ; à la différence de Word, il ne propose que les fonctionnalités strictement nécessaires et a l’indéniable avantage de pouvoir puiser dans les sources intarissables du Web au fur et à mesure qu’on rédige. Gain de temps et de productivité d’une part, richesse de l’hypertexte et de l’iconographie de l’autre.

Pour autant, dans cette gigantesque Blogopole :
La Blogopole du Web 2.0

Les produits, services et/ou applications « Web 2.0″ ne se comptent plus ! (voir ici, ou , etc.).

Donc, en résumant, selon Brandon Schauer, le Web 2.0 conjugue attributs distinctifs du fondement du Web 1.0 (la valeur de contribution des utilisateurs, la " longue traîne " et l’effet réseau) et caractéristiques propres à l’expérience des utilisateurs (systèmes émergents, co-création, décentralisation, " remixage "), pour démultiplier les potentiels d’innovation du Web et créer des " courants de valeur "
Evolution du Web
dans une continuité qui va, d’après Dan Saffer, du Web structuré (Web 1.0 : sites et pages Web, blogs, sites de communication et de marketing, les grands fournisseurs de contenu, les moteurs de recherche, etc.) au Web semi-structuré (Web 2.0 : migration des traditionnelles applications de bureau vers les applications en ligne, qui exploitent enfin les atouts d’Internet pour la mise en place d’un Web social et communautaire, avec l’agrégation de multiples sources de données, l’accès et la disponibilité des données en temps réel, la publication de contenu de l’individu vers la collectivité, les tags, les floksonomies, etc.) et au Web non structuré (surabondance de nouveaux services, dont beaucoup n’auront même pas de site Web visitable, avec ici et là des parties d’application, de contenu et de données n’ayant qu’une (non-)existence virtuelle, prêtes à être louées, utilisées, réutilisées, réparées, remixées.
The Experience Continuum of Web 2.0

Le seul point où je diffère d’avec ce raisonnement est sur le fait que les traits distinctifs des applications du Web non structuré, bien que leur implémentation soit projetée dans les dix années à venir, sont encore imputables au Web 2.0 selon les auteurs, en dépit de la rupture sociale, technique, économique, ou encore au niveau des applications, des développements, des produits/services, etc. Or pour moi cette rupture a un nom : le Web 3.0.

La rupture du Web 3.0

Dan Saffer reconnaît d’ailleurs que durant la prochaine décennie, les utilisateurs, initialement désorientés, à qui il faudra déjà du temps pour se familiariser avec les expériences semi-structurées disponibles sur le Web, en mettront encore plus à accepter les expériences non structurées. Selon lui, ces expériences seront réalisables grâce à de nouveaux outils plus intelligents que ceux que l’on a aujourd’hui, et notre expérience utilisateur dépendra largement du degré de sophistication de ces outils. Quant aux contenus dont nous aurons besoin, ils se trouveront indépendamment sur nos ordinateurs, sur nos mobiles, sur des capteurs de circulation placés le long de l’autoroute, etc. (sur des automates domotiques, par exemple, c’est moi qui ajoute).

Ce raisonnement sous-entend que la technologie aura résolu 3 des facteurs limitants du Web 2.0 :

1. les communautés isolées d’utilisateurs
2. le manque d’interopérabilité entre les différents services en ligne
3. les limitations liées à l’architecture de l’internet

mais n’aborde pas d’après moi 3 des questions primordiales qui font pendant aux points ci-dessus :

1. la qualité et la pertinence du contenu
2. le traitement des données personnelles et confidentielles dans le respect de la vie privée
3. la transparence du traitement et les garanties vis-à-vis des utilisateurs

Donc, dans ce modèle de communication " everybody to everybody "
Paradigme entre web 1.0 et web 2.0

les deux enjeux majeurs vont être :
- d’affiner le rapport signal/bruit (Less noise, more signal) et d’assurer la portabilité des technologies
- de réussir l’intégration entre les différentes sphères de l’humain


Où l’on reparle du Web sémantique

C’est là où revient en force le Web sémantique, conçu à l’origine par Tim Berners-Lee comme une " extension du Web tel qu’on le connaît aujourd’hui, où l’information fournie donnera un sens bien défini pour permettre le travail coopératif des ordinateurs et des humains ".

Donc mieux faire dialoguer les machines entre elles devrait permettre de solutionner la première partie de l’équation, l’inconnue restant la seconde partie de la proposition.

Que l’on ne résoudra que si l’on parvient, d’une manière générale, à donner du sens à la présence des gens sur le Web, et en particulier, à donner à chacun/chacune un fil d’Ariane pour qu’il ou elle se retrouve dans le dédale de l’Internet.

Cet article à été écrit par Jean-Marie Le Ray en mars 2006 suite au lancement de l’invitation à tester Writely en participant à ce blog.


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