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Le mythe de pouvoir tout lire !

Mardi 18 décembre 2007

Est-ce que vous avez une pile de livres, journaux, manuels, articles et blogs que vous pensez lire ? Que vous pensez avoir besoin de lire ? Maintenant, en vous basant sur vos expériences passées, combien de fois êtes vous arrivé à tout lire ? A en lire la moitié ? A n’en lire ne serait-ce qu’un seul ?
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Vous laissez donc la pile des « choses à lire » se remplir et finalement, quand celle-ci devient trop importante, vous finissez par l’amputer de moitié, ou pire à la transférer dans la pile des choses que vous lirez " peut-être un jour ". Nous avons une amnésie sélective par rapport à ce que nous devons faire, mais principalement parce que la majorité d’entre nous continue à ressentir le besoin de rester dans le « jus », de se tenir à jour! Mais se tenir à jour sur quoi ?

Vous ne pouvez pas être à jour. Il n’y a aucun moyen. Et essayer de l’être ne fera probablement que vous rendre plus stupide. Vous ne pourrez jamais rester à jour dans tout ce que vous estimez devoir savoir. Vous ne pouvez pas simultanément suivre :

  • La Technologie
  • Les évènements actuels
  • La culture pop
  • Les pratiques professionnelles
  • La Santé/la forme physique/les tendances pour les régimes
  • Et ainsi de suite…

Pourquoi nous mettons nous autant de pression? Pourquoi avons-nous le sentiment de constamment lutter pour pouvoir suivre, et pourtant ne jamais réussir?

Je me souviens de la sortie de Java 1.02 , le premier lancement public. Il y avait alors 200 classes. Vous auriez pu mettre une représentation de l´ensemble des classes de la bibliothèque sur la double-page centrale d´un magazine. Ensuite la 1.1 fit son apparition et l’API avait plus que doublé, avec 500 classes. La double-page ne suffisait plus, mais vous pouviez la visualiser sur un poster mural. Avec 200 classes, vous maitrisiez l’API en entier. Avec 500, cela demandait un peu plus d’effort, mais vous pouviez quand même être familier avec la plupart, en s’accordant le temps nécessaire. Mais ensuite… avec Java 1.4, la bibliothèque a gonflé jusqu’à 2300 classes. Et aujourd’hui? Elle approche les 3500 classes, uniquement pour l’édition standard (excluant les extensions d’entreprise et mobile). Vous devriez tapisser toute une salle pour voir la totalité des classes de la bibliothèque. Vers l’an 2000, il était devenu impossible, même pour un ingénieur Sun Java (quelqu’un qui créait l´API), d´être familier avec tout le contenu de la bibliothèque standard. Cependant nous nous sentions coupables. Comme si nous nous faisions distancer. Comme si nous n’étions pas de bons programmeurs Java.

Alors… Il est temps de laisser aller. Vous ne vous tenez pas au courant de tout. Je ne me tiens pas au courant de tout. Et personne d’autre d’ailleurs. Du moins pas de tout ce qu’il faudrait connaître. Bien sur, vous allez trouver le mec qui est à la pointe de la technologie, modernisation de software, langage bêta, peu importe. Mais quand vous commencerez à vous sentir inférieur par rapport a cela, dites-vous, « Ouais, mais je parie qu’il pense que Weezer est toujours un super nouveau groupe… »

A part laisser tomber, que peut-on faire pour combattre L’Anxiété de l’Information ? J’ai quelques astuces, mais j’espère que vous en ajouterai de nouvelles:

Trouver les meilleurs aggrégateurs
Les aggrégateurs deviennent de plus en plus importants. Trouver la bonne personne, le bon business, site web etc… faisant le meilleur filtrage d´information dans un  domaine spécifique vous fera gagner du temps. Par exemple dans le Web 2.0, Original Signal est une source intéressante ;)

Prenez des résumés
L’éditeur Joe Wikert a récemment bloggé assez positivement à propos d’un service appelé getAbstract, qui propose des sommaires de livres en ligne. Sceptique au départ, Joe a trouvé que getAbstract était un économiseur de temps formidable. (Je ne l’ai pas encore essayé)

Éliminer les redondances!
Avez-vous vraiment besoin de trois journaux d’information? Devez-vous vous inscrire à chaque journal technique? Discutez avec vos amis et collègues et repartissez-vous les plus importants. Chaque personne est responsable de s’inscrire et d’en suivre un seul, en alertant les autres s’il y a quelque chose en particulier qui mérite d’être lu.

Se désabonner du maximum de choses possibles.
Conformément au point précédent, vous avez probablement trop de redondances, que ce soit dans vos abonnements en ligne ou dans la presse écrite. A nouveau, si vous utilisez les bons aggrégateurs, vous serez averti quand il y aura quelque chose qui en vaut la peine. Pour les imprimés, vous pouvez sauver quelques arbres si vous laissez tomber plus de journaux et magazines.

Reconnaître que les ragots et les divertissements des célébrités sont des « trous noirs » (rien de lumineux n’en sortira).
C’est comme regarder un accident de voiture, malgré nos meilleures intentions… nous ne pouvons pas nous empêcher de regarder. Alors le plus loin vous resterez des publications concernant les détails personnels de stars de la musique ou du cinéma, le mieux ce sera. Laissez cela être votre péché mignon lors de vos visites chez le dentiste…

Choisir les catégories où vous souhaitez avoir une perspective mesurée, et en inclure quelques unes EN DEHORS de votre centre d’intérêt majeur.
Il est préférable d’avoir un magazine de design (architecture, design de produits, design graphique, etc.) (sans tenir compte du fait que vous soyez graphiste ou pas), un hebdomadaire d’informations, un magazine d’arts (musique, photographie, etc.), et un magazine de technologie/style de vie plutôt que de vous débarrasser de tout sauf de vos trois journaux de développement. Garder contact avec un sujet différent est parfois tout aussi utile (si ce n’est d’avantage) que de suivre le sujet actuel majeur.

Etre  BEAUCOUP plus réaliste par rapport à ce que vous pourrez probablement lire, et jeter tout le reste.
Ne classez pas. Ne gardez pas. Quand vous n’avez rien d’empilé, vous ne pouvez pas vous sentir coupable. Certaines personnes mettent des petites limites de hauteurs à leur pile « choses à lire ». (OK, quand cela devient aussi haut que ce tiroir, je dois jeter les 50% plus anciens…)

Peu importe ce que vous devez apprendre, trouvez une personne qui peut vous dire  :

* Ce que l´on doit savoir
* Ce que l´on devrait savoir
* Ce qui serait bien de savoir

* Le cas particulier, seulement si cela vous concerne spécifiquement
* Ce qui est inutile

Trop de manuels, documents techniques, livres, etc. incluent tout sans nécessairement pondérer l’importance de l’information.

Finalement, faisons-NOUS partie du problème? Sommes-nous en train d’écraser nos utilisateurs sous les documentations?

Ou faisons-nous partie de la solution à leur anxiété de l’information?

Nous sommes ceux qui devraient aider nos utilisateurs à se polariser sur ce dont ils ont besoin, à n’importe quelle étape. Alors que nous reconnaissons tous être stressés par le temps et par la surcharge d’informations, nous avons tendance à penser que nos utilisateurs ont tout le temps du monde pour tout comprendre (RTFM : Read The Fucking Manual (Lis le p****n de manuel)).

Nous avons tous l´opportunité d’aider nos utilisateurs (ou de démarrer un business aidant les personnes à réduire la surcharge d’information / le stress de rester informé,  que la plupart d´entre nous ressentons).

Entre-temps, prenez une grande respiration et répétez après moi,  » Je ne tenterai plus de tout lire. Tout lire est un mythe." Et si cela vous fait vous sentir mieux, ajoutez, « Jeff ne suis pas tout non plus. » Aussitôt que nous arrêtons d’essayer d´être plus-au-courant-que-les-autres, nous pouvons passer plus de temps sur ce qui a vraiment de l’importance. Il y a un temps pour veiller et un temps pour agir.

Cet article à été traduit et adapté de l’excellent (défunt) blog de Kathy Sierra. Merci à René-Charles Michon pour la relecture finale.


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