"Entreprendre à 20 ans" : Retour sur le YesCamp organisé au MEDEF

Publié le 24 décembre 2008 | par Jean-François Ruiz

6

Le mois dernier, j’ai participé au barcamp du MEDEF organisé par Eric Ingargiola  en collaboration avec les créateurs de lance-toi.com. J’ai personnellement animé une session nommée : « Les clés pour se lancer quand on est jeune (de la maturité singulière à la réussite collaborative) ». Mon objectif était de discuter avec les participants de ces fameuses clés et de faire ressortir une carte mentale de cet échange.

Au final c’est une 30 aine de jeunes entrepreneurs qui ont assisté à la session. Nombreux d’entre eux étaient encore étudiants ou venaient tout juste de terminer leur cursus.

Vous trouverez le résultat de ce qu’a donné nos échanges (après quelques minutes pour compléter un peu le schéma) en cliquant ici.

Participer activement à la vie étudiante
J’ai pas mal insisté sur l’aspect associatif et le rôle que les étudiants peuvent jouer au sein de leur communauté estudiantine.  Ayant personnellement monté un club informatique (association informatique) puis une junior entreprise lors de mon cursus de 5 ans à l’école d’ingénieur ESISAR, j’ai pu témoigner de l’importance de ce genre d’expériences. Cela permet de se frotter au monde de l’entreprise et d’apprendre à gérer son temps, des objectifs, des équipes, des offres de services, des contraintes diverses et variées… Personnellement cela m’a apporté beaucoup et je conseille à tous les étudiants de s’impliquer au moins dans une association (et/ou club) dans leurs écoles.

Lancez-vous  / Ne pas craindre de se tromper

Le second point est évidemment de ne pas avoir peur de se lancer, de tester, de se planter. Un entrepreneur à succès n’est pas celui qui ne fait jamais d’erreur mais plutôt celui qui est capable de les identifier et d’apprendre d’elles. « C’est en tombant qu’on apprend à marcher ». Et contrairement à ce que pas mal de mes collègues de promo pensaient, je suis persuadé que la meilleure période pour créer une boite c’est quand on est jeune et sans trop de contraintes familiales. Ce n’est pas quand vous aurez une femme, 4 enfants, un chien, 2 chats et un cochon d’Inde à nourrir que vous prendrez des risques pour vous lancer dans une aventure entreprenariale.

Échanger pour bénéficier d’un maximum de feedbacks afin d’améliorer son produit et son discours
Un autre point important est la nécessité d’échanger avec votre entourage. Essayez d’expliquer à votre mère à quoi sert votre super service à base de RSS ajaxifié à moteur de recherche communautaires 2.0 double injection turbo réacteur inversé 😉 Si vous arrivez à lui faire comprendre et que votre explication l’enthousiasme alors vous avez une capacité à expliquer clairement et à faire adhérer votre entourage à vos idées qui n’est pas négligeable. Échangez très souvent avec les différentes personnes et acteurs qui entourent votre création de projet afin de récolter un maximum de feedbacks.

L’idée géniale unique n’existe quasiment pas. Veiller sur votre marché et sur les marchés connexes
Évidemment, il vous faudra veiller beaucoup. On pense, à tort souvent, quand on est jeune, que l’on a l’idée du siècle. Hors en réalité, il n’y a que très peu d’idées vraiment géniales qui marchent. Si toutefois vous en avez une alors il est fort probable que d’autres l’ont eu avant ou en même temps que vous. Par conséquent, veillez sur votre marché afin d’identifier la concurrence, les opportunités inexploitées, les forces et les faiblesses des acteurs déjà présents et surveillez les nouveaux entrants. Cela vous permettra de mieux vous positionner et de pouvoir vous différencier de ce que propose déjà la concurrence au marché que vous souhaitez adresser.

Développer votre réseau professionnel
Enfin, le réseau est très important dans un contexte entrepreneurial et dans un contexte d’affaires en général. Hors quand vous êtes jeune, vous n’avez pas le carnet d’adresses de vos parents ou proches qui peuvent être dans le business depuis plus de 20 ans. Eh oui ! La création de son réseau prend du temps. Créer un réseau n’est que la première étape. Il faut aussi le faire vivre et à le maintenir dans une dynamique du gagnant-gagnant et cela prend du temps aussi. La règle dans ce cas, c’est donner pour mieux recevoir ensuite. Donner et donner encore, essayer d’aider du mieux que vous pouvez les personnes qui vous entourent sans forcément en attendre un retour immédiat. Un jour ces personnes, ou d’autres personnes vous le rendront bien. Créez-vous un blog et ajoutez-y du contenu de qualité. Contribuez sur le blogs des autres. Commencez à vous créer une réputation sur votre thématique marché. Ceci agira comme un catalyseur de relations sociales et vous aidera à formaliser vos idées, à les confronter aux autres et à vous faire connaître et reconnaître par vos pairs.

Soyez passionné par votre produit avant tout
Ce qui n’est pas dans la carte et ce qui parait souvent évident aux entrepreneurs est qu’il faut croire en son produit. Les entrepreneurs qui réussissent à "changer le monde" avec leurs produits sont très souvent en affinité avec leur produit, ils l’ont construit pour répondre à un besoin personnel et avec la passion qu’ils ont mis dedans ils ont réussi à le faire connaitre et à le faire adopter par des milliers voire des millions de personnes de part le monde. Si vous vous lancer dans une aventure entreprenariale qui ne vous intéresse pas au delà du cash qu’il peut générer, alors vous n’êtes pas fait pour porter le projet mais plutôt pour être investisseur (plutôt Venture Capitalist que Business Angel d’ailleurs ;)).

Pensez global, agissez local
Dans le web, on a potentiellement des clients pour nos services partout dans le monde. Pensez donc dès la conception du produit a ce qu’il puisse toucher une audience internationale. Pensez l’architecture technique pour intégrer par exemple la gestion multilingue en natif. Mais ne vous éparpillez pas, concentrez-vous sur le marché local dans un premier temps, celui qui vous entoure et celui que vous connaissez le mieux géographiquement et culturellement avant de faire du marketing dans tous les pays. Très souvent, la traduction d’une interface ne suffira pas et vous ne pourrez vraiment vous développer dans un autre pays qu’en établissant une présence physique avec une équipe locale sur les lieux pour pouvoir bien développer votre produit. Donc pensez grand, international mais concentrez vous d’abord sur le local puis ouvrez les autres pays au fur et à mesure de votre développement.

Voilà pour le rapide décryptage de la carte mentale et de mes recommandations personnelles à ce sujet. Si vous avez d’autres clés/conseils pour les jeunes entrepreneurs, c’est à vous de vous exprimer et de contribuer à la réflexion en commentaires.

Tags:



6 Responses to "Entreprendre à 20 ans" : Retour sur le YesCamp organisé au MEDEF

  1. Romain says:

    Merci pour ce joli compte rendu et surtout ces échanges très intéressants à l’occasion du Yes Camp’
    Et comme tu t’es decidé à écrire le soir de Noel, je me dois de te souhaiter un très joyeux Noel!

  2. Al-Kanz says:

    Il faudrait ce genre d’événements dans les lycées.

  3. Gilles says:

    Compte rendu efficace, conseils pragmatiques ! Je rejoins pas mal de points de vue, me basant moi-même sur mes propres expériences de jeune entrepreneur.

    La base de toute création reste selon moi la volonté de créer du sens en apportant des solutions permettant de rendre le monde un peu meilleur. La création d´entreprise est un chemin difficile qui doit être emprunté avec passion et conviction !

    "Créer du sens " est le thème de mon premier post sur le blog enviedentreprendre.com. Je tiens une chronique mensuelle, justement sur le thème " Entreprendre à 20 ans ".

    Je vous souhaite une année 2009 créative !

    Gilles

  4. teddy says:

    super initiative à encourager et à promouvoir pour la jeunesse

  5. Kévin Palop says:

    Un compte rendu qui me parle.

    Tout ces points sont effectivement primordiaux quand on veut se lancer jeune (et moins jeune d’ailleurs).

    Je partagerai ma propre expérience, étant en pleine création.

    Point par point :

    – participer à la vie étudiante : Je me suis activement engagé dans l’une des plus grosses associations de mon école de commerce, en tant que président, et c’est vrai que l’on accumule une certaine expérience. Il arrive que l’on galère beaucoup, mais l’on apprend vite à gérer son temps, ses objectifs et les personnes. Sans parler de l’aspect humain qui est génial. (Merci ONEID !)

    – se lancer jeune : Je suis ENTIEREMENT d’accord. D’autant que si le travail ne fait pas peur, il y a tout de même pas mal de structures d’aide et d’accompagnement ! Se lancer jeune va de pair avec le point suivant : parler de son idée pour bénéficier de l’effet réseau. C’est incroyablement puissant pour peu que vous vous donniez la peine de le créer et de l’entretenir. Créer jeune, c’est au mieux réussir jeune, et au pire, acquérir une sacrée expérience en très peu de temps. D’autant que je ne suis pas tout à fait d’accord avec le mot « aventure », qui renvoie à un futur incertain et dangereux. Créer une entreprise n’est pas périlleux. Cela nécessite beaucoup de travail et d’attention, mais bien entouré et si le risque a été mesuré, c’est une « aventure ordinaire », comme j’aime à l’appeler. Et je dis aventure ici parce que c’est vrai qu’il y a une bonne dose de passion là dedans. Mais ça c’est l’avant dernier point développé si je ne m’abuse.

    – échanger, parler de son idée : alors là, s’il n’y avait qu’un seul conseil à donner, ce serait celui-ci. Il ne faut pas avoir peur qu’on nous pique l’idée. L’idée, c’est 10% d’un projet. Le reste, c’est la façon de l’entreprendre, les hommes et leur volonté… Je recommanderai un très bon article à ce sujet sur le blog de Guihlem Bertholet, directeur de l’incubateur d’HEC. Vous le trouverez aisément sur Google.
    Pour ma part, je parle souvent de l’effet réseau sur mon blog, cela arrive tous les jours. L’effet réseau, c’est être dans la tête de la bonne personne, au bon moment. Mais cela ne peut arriver si vous ne parlez pas de votre idée. Et comme un jeune créateur d’entreprise me l’a dit lors d’une conférence, il y a beaucoup plus à perdre à taire son idée qu’à en parler. Rien de plus vrai. Depuis que j’ai crée ce blog sur notre projet, les retours sont déments. Contacts intéressants, feedbacks vitaux, rencontres exceptionnelles… Je me régale. Si vous voulez en savoir plus, faîtes quelques recherches sur les liens forts et les liens faibles (vous pouvez commencer par cet article –> http://oser-entreprendre.fr/?p=47)
    Comme l’auteur de ce billet le mentionne très bien, cela prend du temps, mais c’est passionnant, pour peu que vous aimiez le nouveau et les rencontres…

    – La passion : là aussi, très important. C’est la valeur ajoutée de votre idée, de votre projet. C’est ce qui convaincra vos partenaires (peut-être pas les banquiers, mais les autres oui :-). Dans notre projet, nous désirons travailler avec des artistes. Quoi de mieux que la passion, le fun, l’énergie pour convaincre un artiste ? La passion, ce n’est pas quelque chose d’intangible. C’est très concret, et un produit à qui l’on a donné de la passion est fort d’une âme unique (avantage compétitif certain). Je ne vais pas vous apprendre le marketing…

    Excellent compte rendu en tout cas, merci beaucoup.

    A très bientôt !

  6. c’est super bien se compte rendu.c’est un cours d’entreprenariat
    moi je suis en coted’ivoire en afrique on a pas vraiment les memes réalités en matière d’oportunité pour entreprendre mais la volonté est là.
    je vien de me lancer dans le domaine de l’entreprenariat secteur batiment et construction industriel.
    faut dire que c’est pas facile vu le manque de moyen et que mon carnet d’adresse n’est pas étoffé
    je n’ai pas assez de contact.et je viens de me rendre compte grace à ce commentaire que je ne parlais pas assez de mon projet et de mes actions. »comment avoir le contact facile »? dite moi s’il vous plait
    encore merci

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Why ask?

Retour en Haut ↑